Sous les drones de Tchornomorsk (anciennement ILLITCHIVSK jusqu’en 2016): le récit poignant de la délégation lorientaise en Ukraine

Face à l’intensité de la guerre et à une menace aérienne quasi permanente, le maire de Lorient et ses élu.es se sont rendu.es sur la côte de la mer Noire du 11 au 14 septembre. Entre la signature d’un mémorandum d’alliance, le fracas des alertes et le témoignage édifiant d’un Peuple résilient, retour sur un déplacement municipal hors norme aux portes du conflit.

Une réalité brute sous les sirènes d’alerte

Fabrice Loher « Il aura fallu cinq heures de trajet, le temps d’un Lorient-Paris en train, entre l’aéroport de Chisinau en Moldavie et le passage de la frontière pour basculer en zone de guerre ». 

Pour la délégation lorientaise menée par le maire Fabrice Loher, accompagné de Pierre-Yves Dréan (adjoint délégué à l’attractivité économique, emploi, économie sociale et solidaire) et Sabine Coussi (conseillère déléguée aux jumelages et relations internationales), l’immersion à Tchornomorsk a été immédiate et saisissante.

Dans ce port stratégique de la région d’Odessa, la guerre ne s’observe pas de loin : elle se vit toutes les heures. Au cours de leurs 48 heures sur place, les élu.es ont comptabilisé pas moins de 18 alertes aériennes. « On ne sort pas indemne d’un voyage dans un pays en guerre », a confié l’édile lors du point presse de retour. 

La délégation a vu les murs de son hôtel trembler sous l’impact de frappes de drones russes ciblant des infrastructures civiles — réseaux d’eau potable, centrales thermiques ou centres de soins — et même un immeuble d’habitation à quelques centaines de mètres à peine de leur résidence.

Sur la plage de cette station balnéaire autrefois prisée, un paysage surréaliste s’impose : les blocs de béton anti-débarquement jouxtent les transats. Et pourtant, « une fois la sirène tue, les enfants ressortent jouer au football et la vie reprend son cours avec une dignité déconcertante », ajoute Pierre-Yves DRÉAN.

Un déplacement strictement encadré et préparé avec le tissu associatif

Si les déplacements internationaux de la ville incluent habituellement des agents municipaux, conseiller.es et collaborateur/trice.s, cette mission s’est déroulée dans des conditions inédites. Le maire a tenu à le souligner : « Seuls les élu.es ont pris la route. Pour des raisons impératives de sécurité et de garanties d’assurance, il était impossible d’autoriser des collaborateur/trice.s territoriaux à s’exposer à de tels risques en zone de guerre. »

Ce voyage n’en a pas moins été minutieusement préparé. En amont du départ, la municipalité s’est appuyée sur les échanges avec les associations locales qui œuvrent sans relâche sur le terrain en faveur de l’Ukraine. Leurs retours d’expérience et leur connaissance fine des urgences humanitaires ont permis d’imprégner la délégation des besoins réels et de cadrer au plus juste les discussions avec les autorités de Tchornomorsk.

Le culte des morts et le rituel du souvenir : le tic-tac de la mémoire

Ce qui a profondément bouleversé la délégation lorientaise, au-delà des frappes et de la destruction, c’est l’omniprésence « du devoir de mémoire » déclare le maire Fabrice LOHER. 

À Tchornomorsk comme dans toutes les communes traversées, la première démarche des élu.es bretons a été de déposer une gerbe devant l’allée des morts : une enfilade poignante de portraits alignés le long du front de mer, représentant plus d’une centaine de soldats originaires de la ville tombés au combat.

Dans un pays où la quasi-totalité des jeunes a « un père, un frère ou un proche au front ou disparu », ajoute le maire, cet hommage collectif est devenu un pilier de la résistance morale. 

Chaque matin, très exactement à 9 heures, la vie s’arrête net dans l’ensemble de l’Ukraine. À travers les haut-parleurs des villes, dans les rues et jusque dans les cours d’école, le silence se fait. « Seul le bruit mécanique – et lancinant – du tic-tac d’une horloge », (complète Pierre-Yves DRÉAN), résonne dans l’espace public, égrenant la minute de silence nationale dédiée aux victimes de la guerre.

Dans les établissements scolaires, avant le début de tout évènement culturel ou sportif, les enfants observent cet instant solennel. Sur les visages de ces élèves de 10 ou 12 ans se lit la marque indélébile du sacrifice de leurs aînés. À travers ce rituel quotidien et l’exposition patriotique des portraits de leurs héros, le Peuple Ukrainien refuse que la mort ne devienne une simple statistique ou une habitude : il fait de la mémoire un acte de dignité active.

Mémorandum et solidarités : priorité à la Jeunesse, à la Culture et au Sport et aux futures partenariats Economiques !

Au-delà du témoignage de cette réalité quotidienne, ce voyage visait à sceller un partenariat officiel né en 2023. Le samedi 12 septembre, un Mémorandum de coopération a été formalisé avec Olena Sholar, maire par intérim de Tchornomorsk — dont le maire en titre, âgé de 65 ans, a pris les armes sur front.

Ce texte met un accent tout particulier sur la jeunesse, le Sport et la Culture, piliers d’un peuple résilient et viscéralement tourné vers l’Europe. Alors que la vie quotidienne est rythmée par les alertes, l’éducation et la vitalité culturelle restent sanctuarisées. Les élu.es ont assisté à la vitalité de la jeunesse locale, capable de passer d’un abri anti-bombardement à un terrain de football quelques minutes plus tard, mais aussi à la richesse d’un patrimoine culturel précieux, à l’image du musée de la ville dont certaines collections (notamment des œuvres en porcelaines) sont préservées en lieu sûr .

Les quatre axes retenus concrétisent cet engagement :

  • La Jeunesse et l’Education : Lorient prépare l’accueil cet hiver de plusieurs classes ukrainiennes pour trois semaines à un mois. L’objectif est d’offrir une respiration à ces jeunes contraints de suivre les cours dans des abris anti-bombardement, tout en renforçant les échanges numériques avec les écoliers lorientais.

 

  • La Culture et les Echanges Sportifs : Des rencontres sportives, notamment autour du football très populaire chez les jeunes, ainsi qu’une exposition d’œuvres du musée de Tchornomorsk à Lorient sont envisagées pour tisser des liens humains et culturels durables.

 

  • L’eau et l’assainissement : En soutien à la compagnie d’eau locale dont le directeur (bouleversé), a vu son propre logement dévasté, Lorient Agglomération et des entreprises spécialisées apporteront du matériel d’analyse et des pièces de laboratoire.

 

  • La Gestion des déchets et l’Economie : Bien que le port de commerce soit à l’arrêt quasi total, des perspectives de coopération bilatérale se dessinent pour l’après-guerre entre le premier port de la mer Noire et la cité de la voile.

« Vous avez su prendre le risque nous ne sommes pas seuls »

Face aux rumeurs de désinformation qui émaillent les réseaux sociaux, la municipalité lorientaise tenait à apporter sa vérité du terrain. L’aide apportée ne relève pas de sommes pharaoniques mais d’un appui moral, politique et matériel très cerné. 

La pudeur des responsables locaux a d’ailleurs frappé les Élu.es Lorientais.es : « Loin de quémander, les Hôtes Ukrainiens expriment leurs besoins avec une immense retenue », précise Fabrice Loher. 

En apportant un ou plusieurs véhicules d’urgence de seconde main ou du matériel technique, Lorient répond au cri du cœur poussé par les Élu.es de Tchornomorsk : « Vous avez su prendre le risque de venir jusqu’ici. Pour nous, cela veut dire que nous ne sommes pas seuls. ».

Une phrase « qui n’est pas sans rappeler les grandes heures de l’histoire et l’appel de 1940 par le General DeGaulle. Lorient, détruite à 85 % pendant la Seconde Guerre mondiale et intégralement rebatie, offre un message d’espoir qui résonne particulièrement chez les habitants de Tchornomorsk, ajoute le  maire de Lorient, Fabrice Loher.

En étendant son bras vers la mer Noire, la ville rappelle qu’elle porte bien son nom : Une Cité Ouverte sur le Monde, capable de porter l’Espoir là où la Liberté se bat au quotidien.

Crédit photos : Mairie de Lorient et JAIME Radio

📻 Restez connectés sur le 101.9 FM et sur notre site pour les prochaines infos.

L’information locale et régionale sur JAIME Radio c’est :

10 flashs par jour. Toutes les demi-heures entre 6H et 9H, à 12H, 17H, 18H, 19H.
Tous les soirs des magazines spécialisés à 19H.

Le lundi « Jaime tous les sports » avec des commentaires, des interviews, des reportages sur les grands clubs de notre territoire. Le football avec le FCL. Le basket-ball avec le CEP Breizh basket-ball. Le hand-ball avec le Lanester Hand-ball et le Hennebont Lochrist Hand Ball, le tennis de table avec la GVHTT, le rugby avec le RCV…

Le mardi, « Engrenages », le magazine de l’économie sociale, solidaire et durable. Interviews et reportages pour mettre en avant les acteurs locaux.

Le mercredi « JAIME Radio fait son show / cinéma ». L’actualité spectacles et cinéma. Des interviews d’artistes se produisant sur les scènes de la région. Des acteurs et réalisateurs présents dans les avant-premières de films projetés au Cinéville et au CGR.

Le jeudi, « Pousse le son » avec un artiste local en interview suivi d’un titre joué en acoustique dans le studio de JAIME Radio.

Le vendredi, « Découvertes » magazines en rotation sur des sujets divers et variés. Qu’il s’agisse de politique locale, d’actualité générale ou de bons plans sorties.

Lorient
En direct